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Contes des HÉ-VEILLEURS

Contes des HÉ-VEILLEURS

Ces contes ne sont pas le fruit de mon imagination mais d'une connexion avec une Intelligence Supérieure appelée HÉ-VEILLEURS. Les personnes qui ont bénéficié de l'aide de ces entités, peuvent, désormais, mieux se connaître et connaître leur mission de vie. Ces messages sont uniques et individualisés. Cependant, ils ont aussi une portée universelle, voire prophétique. Leur sens est codé et ne se délivre qu'aux véritables cherchants. Quelques pistes de réflexion seront données pour vous aider à en percer tous les mystères. Vous pouvez aussi me contacter pour avoir votre propre légende personnelle. Cet échange vous permettra de vivre ce qu'il y a de plus précieux au monde : la liberté !


LE TRESOR

Publié par Helena Myrafiori sur 9 Mai 2015, 14:49pm

LE TRESOR

Depuis toujours, un jeune garçon rêvait de faits d’armes, de héros intrépides et de combats glorieux. Mais pour son malheur, il était né simple paysan. Quand il confiait à un ami ses désirs secrets, celui-ci lui répondait :

« La malédiction de ta naissance ne te permettra jamais de réaliser un tel projet. Oublie tout cela, sinon le malheur habitera toujours ta demeure. Contente-toi de cultiver ton champ ! »

Évidemment, cela ne convenait pas du tout au malheureux et il espérait bien contrecarrer les voies obscures de sa destinée. Mais comment ? Il avait, souvent, songé à s’enfuir mais seul et isolé, la faim le tenaillerait, le froid le saisirait et par-dessous tout la peur le contraindrait au retour.

Pourtant, il ne manquait pas de courage et l’avait prouvé maintes fois en volant au secours d’un compagnon en difficulté ou d’une belle effarouchée par un importun. Mais il souhaitait bien plus de panache dans son existence et ne se satisfaisait pas de ces maigres pis-aller.

Il apprit un jour, fortuitement, qu’une croisade se préparait et que l’on recherchait de vaillantes âmes pour courir l’aventure. Ah ! Que ces paroles furent suaves à ses oreilles ! Il ne devait en aucun cas manquer sa chance et malgré son jeune âge, il espérait faire partie de la troupe. Force est de reconnaître qu’il ne cédait pas facilement au découragement et sa pugnacité était réelle. Quand il annonça à ses proches son intention de s’enrôler dans l’armée, que croyez-vous qu’il advint ? On lui rit au nez, tout bonnement :

« Crois-tu que tu te tiendras droit comme un piquet sur un cheval et que tu feras voler ta monture à l’assaut de l’ennemi ? Tu éplucheras les carottes et les navets, quel bel ouvrage ! »

Mais, si pris par sa passion, il n’entendit rien du méchant verbiage de ses contradicteurs. Il haussa les épaules et s’enquit aussitôt de quoi mettre en œuvre son départ.

Un baluchon sur l’épaule, deux ou trois embrassades, pas de pleurs (c’était un homme maintenant…) et notre jeune fou partit à la conquête du monde.

Le monde, pour l’heure, se résumait à une place de village où l’on haranguait les candidats au voyage. Certes, ils n’étaient nombreux mais le jeune homme vit d’un mauvais œil cette concurrence toute fraîche. On lui demanda son âge, il ne le connaissait pas vraiment. Alors, on lui tâta les muscles, l’entrejambe et au vu du résultat, on considéra qu’il avait la cuisse suffisamment ferme et le regard suffisamment vif pour faire un bon troupier. Il en sourit d’aise.

Et les ennuis commencèrent. Un chevalier vint à passer et jugea avec consternation les nouveaux enrôlés. « De vulgaires paysans » songea t-il avec humeur. Parmi la troupe, l’un se haussait du col et des pieds pour paraître plus grand et plus fort. La veille, il devait encore téter le sein de sa mère. Douze printemps, tout au plus. On allait voir de quelle trempe il était.

Le chevalier se dirigea tout droit sur le jeune garçon qui n’en menait pas large et déclara :

« Que voilà un beau guerrier ! Foi de mécréant ! Et croyez-moi, je m’y connais pour avoir tenu au bout de mon épée bien de misérables sarrasins, leur faisant rendre gorge. Est-ce cela que tu veux mon ami, faire couler le sang ? »

Pour l’heure, l’ami en question ne demandait qu’à se faire oublier mais son tourmenteur poursuivit :

« Sais-tu combien d’enfants j’ai arrachés à leurs mères, ignorant leurs cris ? Sais-tu combien de femmes m’ont fait rugir de plaisir sous la contrainte ? Une belle et noble vie que voilà ! Est-ce cela que tu veux ? »

Pour toute réponse, un couinement.

« Désormais, occupons-nous de te former. Au bout du casernement, tu trouveras une belle et forte femme. Ses bras sont puissants et sa poitrine généreuse. Va la voir de ma part, elle saura t’occuper, tu peux me croire ! »

L’homme termina sa diatribe par un rire tonitruant et le malheureux, tout honteux et dépité, sentit que l’on s’était moqué de lui. Obéissant malgré tout, il fit ce qu’on lui avait recommandé et se retrouva face à une matrone qui ne manquait pas de charme, certes, mais d’une stature impressionnante : une montagne de chair pour tout dire.

« Ah ! La belle recrue que l’on m’envoie ! » Déclara-t-elle en lui pinçant fortement la joue. « Tu vois cette pile de linge ? Chausses, chemises, caleçons, tuniques, il faut que demain dès l’aube, tout soit récuré, épouillé, frotté et rincé ! Allez jeune homme ! Retroussez vos manches ! »

La déconvenue fut grande. Passe encore de servir à table, préparer le gibier ou nettoyer les écuries mais un travail de femmelette ! Il voulut s’enfuir mais la mégère le retint hardiment par le col et, contre son gré, il se retrouva au bord de la rivière. Là, des lavandières menaient grand tapage et à sa vue, toutes se poussèrent du coude en s’esclaffant. L’objet de leurs railleries se sentit rougir plus loin que les oreilles, qu’il avait d’ailleurs, à cet instant, fort basses.

Il regretta amèrement d’avoir méjugé du labeur car il demandait la poigne et la vigueur d’un homme. Il se retrouvait, bien souvent, emberlificoté dans une pièce de drap et avait mille difficultés à se tirer de ce mauvais pas, bataillant comme un beau diable contre un ennemi invisible. Le pire, toutefois, était de lessiver jusqu’à la tombée de la nuit alors que ses compagnes étaient rentrées depuis belle lurette dans leurs logis. Son honneur était mis à rude épreuve.

Mais les âmes pures ont une qualité indéniable : l’imagination. Et le jeune blanchisseur n’en manquait pas. Il finit par s’accommoder de son sort et le savon devint navire, la brosse se mua en arme redoutable et la chemise, l’adversaire à abattre. Que de combats il mena, boutant hors des frontières des mercenaires sans foi ni loi ! En la circonstance, malgré la rudesse de la bataille, il finissait toujours par triompher. Autour de lui, on se doutait bien de quelque chose, vu l’ardeur soudaine qu’il mettait à mettre à terre une innocente chemise. Elle était tordue, rincée, essorée à grand renfort de cris de rage. C’était, il faut le dire, un spectacle étonnant qui laissait sans voix les belles qui le regardaient.

Toutes d’ailleurs, finirent par s’attacher à lui. Le temps passant, il avait grandi, pris noble stature et gentil sourire et plus d’une se sentait pousser des ailes rien qu’à sa vue. Lui, non plus, n’était pas insensible à leurs atours et il sentait au-dessous de sa ceinture quelque frémissement jusque là inconnu. Il demeurait, cependant, courtois et prévenant, ne manquant jamais une occasion de rendre service, portant panières ou pliant courtepointes. Il était souvent sollicité car les mignonnes espéraient bien plus qu’un frôlement de main.

Parmi toutes ces charmantes demoiselles, s’en trouvait une qui se souciait fort peu de le séduire -étant sûre de son fait- et aimait se moquer gentiment de lui :

« Alors beau prince, combien de soldats vaincus aujourd’hui ? »

Elle n‘avait pas une once de méchanceté, mais du goût pour l’amusement, et ce godelureau là, elle aurait bien aimé jouer plus avant avec lui. Ce dernier faisait semblant de s’en offusquer mais la joute lui plaisait car la donzelle était fort belle et appétissante, l’œil caressant et la taille fine. Arriva ce qui devait arriver et ils finirent par s’aimer dans la pénombre d’un bosquet accueillant. C’était une autre forme de bataille mais elle se révéla très plaisante, d’autant plus que la forteresse assiégée ne demandait qu’à être conquise.

Cependant, quelqu’un observait avec beaucoup d’intérêt ce manège amoureux : c’était le chevalier qui avait accueilli le postulant le premier jour. Il l’avait vu arriver, tel un blanc-bec, le lait de sa mère lui sortant encore tout chaud des narines. Il espérait prouver sa bravoure en des combats victorieux mais que nenni. Il s’était retrouvé à genoux dans l’eau des rivières et avait confondu par son adresse, la meilleure des lavandières. Sans jamais rechigner, il avait rajouté à sa peine celle des autres, n’ayant de cesse d’aider son prochain. Il aurait pu se révolter contre son insignifiante condition et lorgner avec jalousie les braves qui s’exerçaient au maniement des armes. Rien de tout cela n’était arrivé et le vieil homme songea que, pour son protégé, l’heure du choix avait sonné.

Il le fit venir et déclara tout de go :

« Tu es devenu un homme maintenant et tu ne peux plus guère te contenter d’ouvrages mineurs. Il y a fort longtemps, tu as déposé ton bagage en ce lieu avec l’espoir secret de partir à la conquête du monde. Que reste-t-il de ton rêve aujourd’hui ? Veux-tu toujours porter à ton côté l’épée de chevalier ou ta vie présente te comble-t-elle ? »

« Ah ! Cher maître, lui répondit le jeune garçon, le voilà mon tourment ! Le désir d’être adoubé ne m’a pas quitté, loin s’en faut. Mais une jeune fille a ravi mon cœur et je ne sais plus que penser ! »

Le vieillard songea que, malheureusement, nul n’avait la réponse. En soupirant, il rajouta :

« Alors, mon fils, tu vas connaître le goût amer de la solitude. A moins que… tu ne trouves un trésor… »

Et sur cette phrase sibylline, il s’éloigna sans plus de façon, laissant le jeune apprenti plus désemparé que jamais.

Un jour pourtant, il revint vers le chevalier et, en souriant, déclara :

« Combien je vous dois reconnaissance et gratitude ! Ce que je cherche depuis toujours je l‘ai enfin trouvé : ce trésor inestimable, dont vous m’avez parlé autrefois, éveillant ma curiosité à tout jamais. »

Après un léger temps de pause, il reprit :

« Le trésor, c’est la rivière. Elle a creusé son lit avec patience, se jouant des écueils et des obstacles qui la freinent. Au passage, elle prodigue abondance et nourriture aux arbres qui bordent ses rives, aux poissons qui peuplent ses eaux, aux oiseaux qui suivent son cours et aux fleurs qui embaument ses berges. Aux hommes qui vivent près de son cours, elle a offert sans compter la fraîcheur de sa source, désaltérant tous les assoiffés sans souci de leur condition ou de leur naissance. Quelle admirable leçon ! Car bientôt, elle se mêlera au fleuve et le fleuve à l’océan. Elle disparaîtra et quel souvenir restera-t-il de sa présence ? Si peu de chose en vérité, quelques gouttes d’eau au fond du palais. Pourtant, avec générosité, elle continuera de donner vie à tous ceux qui ont soif. Grâce à vous et au labeur que vous m’avez imposé, j’ai appris que peu importe de savoir où nous allons. Le trésor c’est d’être là, ici et maintenant. Je suis ! »

Entendant ces paroles de sagesse, le maître sut qu’il avait trouvé plus grand sage que lui. Satisfait, il reprit sa route et comme la rivière, pas une seule fois il ne se retourna.

COMMENTAIRE

Ce conte est le plus long que j'ai jamais reçu (imaginez un instant l'énergie canalisée) et il a été donné à un ami Suisse, qui se cherchait obstinément un "destin". Finalement, on lui fait entrevoir une autre solution, que de courir le vaste monde et s'éparpiller inutilement... Ce que nous faisons tous, n'est-ce-pas ?

PISTE DE RÉFLEXION

Que symbolise ce "trésor" ? Pourquoi est-il si difficile de le trouver ? Quel est le point de départ de la prise de conscience du héros ?

CROATIE (Photo de l'auteure, off course...).

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Commenter cet article

Helena 22/05/2015 17:02

Le problème est, qu'aujourd'hui, des battants et des combattants, il n'y en a plus beaucoup. Par contre il y a beaucoup d'aplaventristes...

Jean-Claude 22/05/2015 13:46

Je partage le point de vue de Kermosabe, vivre l'instant présent est un trésor, et s'il est difficile de le trouver c'est peut-être car nous sommes "pollués" par cette vie où tout dois allez vite, où l'on a peur du lendemain pour son travail sa santé ses enfants etc ..........La prise de conscience, à mon avis, c'est lorsqu'il transpose sa tâche difficile de nettoyage en un combat (peut-être contre lui-même) , il devient un battant ou un combattant, à chacun de voir.
Merci encore Hélèna

Marie 12/05/2015 09:20

Merveilleux conte......de la VIE ! Merci ma chère Hélène. Je t'embrasse fort.

Danielle 10/05/2015 20:46

Merci Hélène pour ce conte fabuleux ; un véritable hymne à la vie ! Savoir accepter et accueillir chaque instant afin d'entrevoir la beauté de la vie et se réaliser. Gros bisous

Helena 10/05/2015 21:31

Bonsoir Danielle. Les cadeaux tombent ils toujours du Ciel ? Bisous.

Jacques 10/05/2015 18:13

Un vrai trésor pour conteur lambda que ce conte. Il possède toute son autonomie, et ce indépendamment de la personne à qui il est dédié. Une quête, la mise en action, les trois étapes et la conclusion claire et accessible à tout auditeur. Espérons lui un avenir semblable à celui des contes des frères Grimm. Belle mise en mots avant la mise en bouche.

Helena 10/05/2015 19:56

Merci Jacques !

bacch 10/05/2015 17:24

merci helena pour ce merveilleux conte

Kemosabe 10/05/2015 00:14

Le "trésor " c'est la vie, ici et maintenant. Et le point de départ c'est bien sûr la rencontre avec l'amour. Mais cet amour ne doit pas être une dépendance affective. Et c'est bien cela la difficulté. On cherche souvent dans le regard de l'autre, un miroir narcissique. On doit d'abord apprendre à s'aimer soi - même. Vaste programme... Merci Helena pour ce magnifique conte inspiré. Remarquable travail !

Carry 09/05/2015 17:25

Merci beaucoup Helena!
Ce conte est maaagniiifique, je t'embrasse bien fort, bon week-end!

TAnguy 19/07/2015 23:29

A coeur vaillant, rien d'impossible ! Vivons notre reve,
bravo, et merci helena pour ces Trésors partages.
Infini merci aux hé-veilleur pour cette perfection, cette beauté, qui me fond fondre en larmes, la mine réjoui....la reconnection est la...Merci la vie

Helena 09/05/2015 22:11

Merci Carry ! J'espère que tu vas bien. Je t'embrasse !

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