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Contes des HÉ-VEILLEURS

Contes des HÉ-VEILLEURS

Ces contes ne sont pas le fruit de mon imagination mais d'une connexion avec une Intelligence Supérieure appelée HÉ-VEILLEURS. Les personnes qui ont bénéficié de l'aide de ces entités, peuvent, désormais, mieux se connaître et connaître leur mission de vie. Ces messages sont uniques et individualisés. Cependant, ils ont aussi une portée universelle, voire prophétique. Leur sens est codé et ne se délivre qu'aux véritables cherchants. Quelques pistes de réflexion seront données pour vous aider à en percer tous les mystères. Vous pouvez aussi me contacter pour avoir votre propre légende personnelle. Cet échange vous permettra de vivre ce qu'il y a de plus précieux au monde : la liberté !


JEANNE

Publié par Helena Myrafiori sur 25 Avril 2015, 16:42pm

JEANNE

La proie était facile et le travail aisé. Sous son talon, il allait, sans coup férir, écraser la gourgandine.

De mépris, il retroussait ses lèvres en songeant à tous les actes infâmes qu’elle avait commis. Avec plaisir, l’évêque s’imagina déjà prononcer la sentence. Il fallait chasser le poison hors du royaume !

« Qu’on me l’amène ! » commanda-t-il à ses gardes et avec empressement ils obéirent. Mais grande fut la surprise de l’infâme contradicteur. La prisonnière avait le front serein et ne craignait pas de croiser son regard. Il frémit : la partie allait se révéler plus ardue que prévu, mais après tout n’avait-il pas fait un jeu de chasser les hérétiques ?

La joute commença et la jeune femme se montra pugnace. Cela augmenta le désir de son adversaire de la vaincre mais elle ne sembla même pas le remarquer tant le feu divin la consumait.
« Que savait-elle de la loi divine, du dogme, de la règle ? » vitupéra l’homme d’église. Il
espérait pouvoir la prendre en faute mais elle répliquait vertement et sans se démonter. Mot après mot, phrase après phrase, elle construisait sa défense. Alors, de guerre lasse, l’évêque la renvoya à la paille humide du cachot. Il espérait que l’inconfort de sa situation la rendrait plus conciliante.

Mais le lendemain, ce fut pire encore. La misérable, dans l’adversité, prenait de la force et rien ne semblait pouvoir l’abattre. Chacun devrait savoir que le Malin rôde toujours autour des âmes les plus pures. Il souffla à l’oreille du tourmenteur de tendre un piège à la renégate. Ainsi, l’affaire prendrait bonne tournure et s’achèverait rapidement.

Ainsi fut fait : depuis longtemps la belle avait renoncé à tous ses attributs féminins pour pouvoir plus facilement s’envoler à l’assaut des murailles. Ses chevaliers la suivaient aveuglément, réglant leurs pas sur les siens. Malgré sa fragile stature, elle imposait à ses hommes silence et obéissance. Eux qui s’étaient engagés dans un combat à l’issue victorieuse -du moins ils l’espéraient- désormais, se moquaient bien des honneurs et ne cherchaient plus qu’à lui plaire. Peut-être même que leurs coeurs s’étaient embrasés mais elle demeurait éternellement fiancée au Ciel, brandissant en son Nom son étendard de justice.

« Renonce à tes habits d’homme et tu seras sauvée » lui promit l’évêque. Il espérait que son refus serait catégorique et qu’ainsi sa condamnation pourrait être prononcée. Or, elle s’empressa d’accepter l’odieux chantage, au grand dam de son bourreau.

Cependant, il flaira, dans son attitude suspecte, une ultime tentative de gagner du temps. Intérieurement, il sourit et songea : « Laissons passer la nuit, elle sera profitable. Dès demain, nous aurons l’occasion de parachever notre oeuvre. »

Ah ! Combien le sort peut être cruel aux ténébreux ! L’évêque gagna sa couche avec la confiance du travail accompli. Mais son sommeil fut troublé par des rêves étranges. Le visage de sa victime flottait au-dessus du sien. Elle lui offrait ses lèvres et par l’échancrure de sa chemise blanche, il pouvait apercevoir la naissance de ses seins. Malgré son torse de jeune garçon, ses cheveux coupés ras, jamais femme ne lui parut si désirable. Quelle promesse dans son regard bleu acier !

Quand la vision se dissipa, l’homme se sut abandonné, trahi, désespérément seul. Il ressentit au plus profond de son être un feu qui le dévorait. Et ce feu, plus jamais ne le quitterait.

C’est las et fourbu qu’il se réveilla le lendemain, dès l’aube. Il s’habilla promptement et partit, presque en courant, rejoindre la prison de sa bien-aimée. Oh oui ! Il pouvait l’appeler ainsi celle qui avait peuplé sa nuit ! Il avait hâte de voir à nouveau son doux sourire. Mais son sourire n’avait rien de doux et son regard était de glace. L’évêque revint cruellement à la réalité : celle qui désormais était devenue toute sa vie, cette vie il fallait lui ôter. Et se condamner lui-même à la pire des infamies.

Le Roi commandait et l’Eglise ordonnait : il fallait qu’elle périsse, au nom du pouvoir et de la raison d’état. Quand elle se parjura, refusant de quitter ses vêtements de guerrière, le malheureux évêque sut qu’elle était perdue. Et lui aussi, par la même occasion. Ah ! Quel tourment de l’avoir à sa portée et pourtant si loin ! Ah ! Quel désespoir de ne pouvoir lui avouer l’inavouable ! Ah ! Quelle cruauté de ne pouvoir l’étreindre !

Alors, dans un dernier sursaut, il révéla toute sa férocité et réclama le bûcher. A l’énoncé de la sentence, la jeune femme n’eut aucune réaction et l’évêque sentit, en voyant sa force d’âme, l’amour redoubler. Grand était son désir de la sauver mais l’ordre et la loi veillaient. Ne s’était-il pas trahi lui-même en préférant la gloire à la Vie ? Il lui fallait désormais en payer le prix mais qu’il était élevé ! Il allait goûter désormais le terrible breuvage du remords. L’agneau que l’on menait à l’abattoir, était-ce elle ou était-ce lui ?

Quand le brasier fut incandescent et que la fraîche fleur se consuma, une colombe s’éleva au-dessus de son corps supplicié. L’évêque contint ses larmes et se mordit la joue pour ne pas hurler. Maudit ! Il était maudit ! L’éternité ne suffirait pas à effacer sa faute. Comme il aurait aimé à cet instant boire à l’eau de Léthé !

Combien de vies lui faudrait-il pour expier et oublier sa lâcheté ? Seul Dieu connaissait la réponse. Mais ce dont il était sûr, c’est qu’un jour il la retrouverait. Ce jour là, elle lui pardonnerait et lui donnerait un baiser. L’amour, qui l’avait sauvé des ténèbres où il se complaisait, n’avait-il pas repoussé les limites de la mort ?

COMMENTAIRE

Ce conte a été donné à un écrivain-éditeur, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est tourmenté ! J'ai supposé que ce message était le rappel d'une de ses vies antérieures où il devait être homme d'Eglise. Est-ce l'évêque Cauchon ?

PISTE DE REFLEXION

Il n'est pas rare que les He-Veilleurs fassent référence à nos vies antérieures. Faut-il y voir un rappel de nos turpitudes anciennes ou une opportunité de rédemption ? Dans ce conte, on parle de pardon et non pas de punition...

NAPLES (Photo de l'auteure).

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Commenter cet article

Danielle 26/04/2015 11:17

Bonjour Héléna, Grand Merci pour ce conte qui nous révèle que quel que soit notre chemin, la voix du coeur reste celle qui nous ouvrira toutes les portes...Bisous et très belle journée

Helena 25/04/2015 22:29

Oui nous serons pardonnés car l'amour triomphe de tout. Merci pour vos commentaires.

Elodie 25/04/2015 21:23

Quel conte, Helena !

Je pense aussi à une vie antérieure (ou simultanée). En effet, la personne à qui il est adressé semble un peu tourmenté mais malgré tout, il y a là beaucoup d'espoir et de lumière. Il est indéniable qu'il ait été l'Evêque Cauchon et que la femme en question soit Jeanne d'Arc. Mais cette histoire, nous la connaissons déjà, elle fait partie de notre Histoire à toutes et tous... L'important, je crois, ici, est de comprendre quel est le message qui a justement été adressé à l'homme à qui revient ce conte ! Je crois qu'il y a, derrière toutes ces turpitudes, rédemptions, souffrances et pardon dont tu parles Helena, il y a justement LA VOIX (même si celle-ci n'a pas pu s'exprimer) et LA VOIE du COEUR (qui a été réveillée, révélée)... la puissance de l'AMOUR et du Coeur qui, au-delà des ordres et des lois, conduit et ramène TOUJOURS l'homme sur un chemin de justesse et de reconnaissance profonde de soi !

Merci pour ce BEAU conte, Helena ! Vraiment, du fond du Coeur ! Bises sincères et lumineuses.

Marianne 25/04/2015 18:34

Depuis le début de l'histoire, je pense à Jeanne d'Arc. Mais cela pourrait être aussi toutes ces femmes condamnées au cours des siècle.... Pour moi, c'est sans aucun doute un chemin de rédemption et de pardon que nous offrent les He-Veilleurs, lorsqu'ils nous ouvrent un passage vers notre conscience.
Merci Hélène, pour ce que tu es.

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