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Contes des HÉ-VEILLEURS

Contes des HÉ-VEILLEURS

Ces contes ne sont pas le fruit de mon imagination mais d'une connexion avec une Intelligence Supérieure appelée HÉ-VEILLEURS. Les personnes qui ont bénéficié de l'aide de ces entités, peuvent, désormais, mieux se connaître et connaître leur mission de vie. Ces messages sont uniques et individualisés. Cependant, ils ont aussi une portée universelle, voire prophétique. Leur sens est codé et ne se délivre qu'aux véritables cherchants. Quelques pistes de réflexion seront données pour vous aider à en percer tous les mystères. Vous pouvez aussi me contacter pour avoir votre propre légende personnelle. Cet échange vous permettra de vivre ce qu'il y a de plus précieux au monde : la liberté !


LES VENTS DU RETOUR

Publié par Helena Myrafiori sur 9 Décembre 2014, 12:19pm

LES VENTS DU RETOUR

Une jeune fille, se rendant un jour à la ville voisine, pour y vendre les produits de sa ferme, fit une rencontre fortuite qui changea à jamais sa destinée.

Mais, pour l'heure, elle avait préparé un petit panier, dans lequel elle avait déposé, délicatement, sur un tissu à carreaux rouges et blancs, une douzaine d'oeufs, quelques fruits et une poignée de noisettes. Elle marchait avec précaution évitant, de ses pieds menus, les pierres vives du chemin. Bientôt, son pas s'accéléra car la matinée était fort belle et prêtait à la joie. Elle imagina, un instant, qu'elle allait à un rendez-vous galant, plutôt qu'au marché affronter la foule des acheteurs.

Ah ! Que les jeunes filles au coeur tendre sont sottes ! Car elles ne savent pas, les malheureuses, que leurs rêves sont toujours exaucés par des Dieux attentifs mais ô combien cruels !

Au détour du chemin, alors que la pente se faisait douce, la petite fermière aperçut un jeune homme, adossé au tronc d'un arbre. Elle ne discernait pas son visage, et ne voyait de lui que la couronne dorée de ses cheveux et ses épaules, assez puissantes pour soutenir le monde. Il était légèrement penché en avant et semblait ramasser quelques fleurs éparpillées dans l'herbe tendre.

Le sort funeste décocha une flèche jusqu'au plus profond de l'âme de la jeune enfant qui, aussitôt, se sentit transportée vers des sommets vertigineux, où seul l'amour peut conduire. Dès lors, elle était perdue mais, heureusement, elle l'ignorait.

C'est à peine si elle se rendit compte de son arrivée dans la ville, du brouhaha incessant, du grouillement des marchands et des clients qui se pressaient devant son modeste présentoir. Elle flottait dans un brouillard cotonneux et distinguait confusément les contours de la réalité. Sur le chemin du retour, elle espérait revoir la douce apparition mais, pour l'heure, tout était vide et désert. Arrivée à la hauteur de l'arbre, elle eut l'impulsion soudaine de s'adosser, à son tour, au tronc du chêne vigoureux. Elle pensait, de cette façon, recueillir en son sein, un peu du parfum de l'être aimé. Mais rien, pas le moindre frémissement.

Dès lors, sa vie devint un délice car elle espérait et un enfer car elle se languissait. Heureusement, un jour, elle le vit à nouveau. Tel un jeune faon, il poursuivait une ombre blanche qui courait devant lui. Sans même réfléchir, elle se précipita dans son sillage, mettant soigneusement ses pas dans les siens. Elle souhaitait ardemment respirer le même air que lui et emporter, en son coeur, un peu de son souffle. Mais rien, pas le moindre frémissement.

Les jours passèrent avec une infinie lenteur et la petite fermière s'étiolait de plus en plus. Elle dépérissait à vue d'oeil, à tel point que ses parents, fort inquiets, la menèrent à la ville où se donnait un bal princier. La malheureuse se laissa faire. Cependant, une flamme, en elle, se raviva. Allait-elle le revoir ? Lui, l'être ineffable qui remplissait sa vie, nuit et jour, d'un breuvage délicieux et amer, à la fois ?

Il était là, inconscient de sa beauté et de sa cruauté. Pour la première fois, la jeune enfant voyait son visage, si pur, qu'il semblait illuminé de l'intérieur par une lampe incandescente. A sa vue, aussitôt, la belle rougit de confusion. Mais son âme, ah ! son âme ! Quel parfum exquis ! Quel souffle léger, elle respire enfin !

Le bal débuta et tous les invités, avec des gestes gracieux, s'élancèrent sur la piste de danse. Allait-il la remarquer, elle, petit oiseau effarouché ? L'inviter et la tenir par la taille ? Tout son être frémissait d'impatience. Mais l'aimé passa à ses côtés sans même la voir. Cruelle déception. Le destin ourdit parfois, des sorts plus terribles encore. Le jeune homme tenait par la main une magnifique beauté, souple comme une liane et altière comme une reine. Elle portait une simple robe blanche et ses cheveux étaient couronnés d'une profusion de fleurs parfumées, que l'amoureux avait cueillies au pied d'un arbre. Son regard pour la belle inconnue était d'une telle intensité, que la pauvre petite fermière se dessécha instantanément. Adieu la joie, adieu les plaisirs de la vie, les rêves enfantins et les gloires espérées !

Elle tomba comme une pierre sur le sol, mais emporté par la passion, le jeune écervelé ne le remarqua même pas et continua sa danse ensorcelante.

On la ramena chez elle et son souffle était si court, qu'on prépara déjà son tombeau. Mais celui qui souffre peut-il redouter l'ensevelissement ? Au moment où, comme la flamme fragile d'une chandelle, elle allait s'éteindre, la jeune fille ressentit, surgie du plus profond de ses entrailles, une force incommensurable qui balaya tout sur son passage : les douleurs, les peines, les trahisons et les larmes. C'étaient les vents du retour qui la ramenaient à la véritable maison et lui faisaient entrevoir un Amour plus grand que la simple fusion des sens et la communion des chairs. Un Amour si puissant que la jeune âme en eut le vertige. L'Univers l'embrassait et son baiser était si suave qu'il lui donna l'immortalité.

COMMENTAIRE

Ce conte a été donné à une femme en fin de vie qui redoutait la mort. Ce conte l'a apaisée et lui a permis, le moment venu, de franchir sereinement les portes de l'au-delà. Cependant, je voudrais aussi dédier ce conte à tous ceux et celles qui ont connu (ou connaissent) les affres de l'amour non partagé, de l'abandon ou de la trahison.

PISTE DE REFLEXION

Je vous conseille vivement de lire "La petite sirène" d'Andersen. Il y a d'évidentes similitudes... Que représente la jeune fille ? Le jeune garçon à la chevelure dorée ? Pourquoi leur amour est-il impossible ? Que faut-il faire mourir en soi pour connaître "le suave baiser" de l'Univers ?

Basilique Saint Denis Paris (Photo de l'auteure).

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Céline 23/12/2014 23:33

Nos plus belles rencontres d'âmes sont importantes voire bouleversantes. Elles changent nos vies et ne nous quitteront jamais... Alors, pour continuer, avancer, survivre parfois sans elles, la Vie vient nous secourir et nous offre souvent ce dernier souffle, cette flamme qui nous ramène à l'Essentiel, à ce que nous sommes, à ce que nous devons faire, au partage, à l'Amour Universel... malgré tous nos attachements, il est pour moi, le seul et unique car, il est intemporel, infini et nous apporte tant...

Marianne 19/12/2014 10:39

Ce conte me rappelle mes illusions "désillusionnées" tout au long de ma vie, notamment au niveau de l'amitié et de l'amour. Je m'enfonçais alors dans une sorte de désespoir et il me fallait vraiment toucher le fond pour pouvoir remonter. J'avais l'impression de mourir quelque part. J'ai fini par comprendre que je donnais tout mon pouvoir par "amour" ou "amitié", vers l'extérieur. Depuis, je travaille à retrouver ce pouvoir intérieur pour pouvoir mieux m'aimer, telle que je suis. Et la Vie me le rend bien !
Merci pour ce beau conte !

france 10/12/2014 08:48

Avec Humilité, je t'écris. Voilà encore un beau conte que tu nous offres pendant ce temps de l'Avent ! La jeune fille, elle est si jeune, elle représente l'enfant rêveuse qui demeure en nous, quel que soit notre âge...et qui croit encore au Prince charmant. Le jeune homme dont on ne voit le visage que à la fin, c'est l'Homme idéal, notre fantasme de l'amour... Mais voilà, cruelle est la chute. Seul l'Amour du Divin peut nous redonner Vie et Espoir.

Il faut peut être faire mourir en soi l'idée que nous nous faisons de l'amour humain que de déceptions de d'amertumes cela amène.et faire plutôt confiance à l'Amour de Dieu, se dépouiller de toutes ses peurs et le suivre inconditionnellement . Peut ainsi aurons nous la réponse.
pourquoi avoir toujours peur de l'inconnu ?

Helena 13/12/2014 11:19

Merci Jean Claude de tes commentaires ! Et si ce conte représentait la descente de l'âme dans la matière ? Grâce au mariage de l'ombre et de la lumière (le jeune homme et sa belle) l'âme peut rejoindre les "vents du retour" c'est-à-dire l'Esprit... Ce conte n'est donc pas une histoire d'amour contrarié mais la méthode pour sortir du karma : mourir à soi-même. Les alchimistes qui me suivent, sauront pourquoi le petit panier a un tissu avec des "carreaux rouges et blancs". Il faut vraiment lire entre les lignes... Chaque détail est important ! Bonjour à tous mes amis de Savoie !

Jean-Claude 12/12/2014 20:05

Peut être devons nous abandonner nos passions, qui sont de toute façon éphémères et qui nous "brides". Elles ne laissent plus beaucoup de place et de temps à la Lumière.
Le jeune garçon pourrait représenter justement ces passions.
Merci d'avance de nous éclairer Helena.
Bonne soirée

Jean-Claude 12/12/2014 11:12

Bonjour à tous,
Helena, le vitrail car la Lumière passe au travers et ainsi fait ressortir la beauté de celui-ci, par ses multiples couleurs, ses motifs et ses formes.

Helena 11/12/2014 22:17

Merci de vos commentaires ! Très pertinents ! Et surtout merci de vous donner la peine de poster vos avis. Au final, je vais penser que c'est un acte courageux !
Une piste : pourquoi ai-je mis en illustration un vitrail ?

Danielle 10/12/2014 14:18

Bonjour à tous, Quel beau conte, Merci Hélène.
La jeune fille est amoureuse de l'amour plus que du jeune homme, elle est dans l'illusion de la matière. Le jeune homme représente la tentation. A partir du moment où elle accepte de ne pas obtenir ce qu'elle désirait si désespérément, tout se délie et elle sort de l'illusion et peut enfin voir la "vraie" beauté de la vie...Belle journée

Helena 09/12/2014 18:28

Bonsoir Jean Claude. Merci pour ton commentaire. Non, il n'y a pas de différence entre les deux. C'est autre chose. Si vous le découvrez, vous percerez le secret de l'immortalité...

Helena 09/12/2014 21:52

Je crois deviner... Je t'embrasse Dominique.

dominique 09/12/2014 21:27

whoahhhhhhhhhhhh !!!!! quel suspens !!!
plein de baisers pour toi Hélène et merci pour ce conte juste magnifique : je sais d'emblée à qui je vais l'adresser ....

Jean-Claude 09/12/2014 17:43

Bonsoir Helena,
Ce compte pour bien distinguer l'"amour profane" de l'Amour Universel ?
Bonne soirée

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