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Contes des HÉ-VEILLEURS

Contes des HÉ-VEILLEURS

Ces contes ne sont pas le fruit de mon imagination mais d'une connexion avec une Intelligence Supérieure appelée HÉ-VEILLEURS. Les personnes qui ont bénéficié de l'aide de ces entités, peuvent, désormais, mieux se connaître et connaître leur mission de vie. Ces messages sont uniques et individualisés. Cependant, ils ont aussi une portée universelle, voire prophétique. Leur sens est codé et ne se délivre qu'aux véritables cherchants. Quelques pistes de réflexion seront données pour vous aider à en percer tous les mystères. Vous pouvez aussi me contacter pour avoir votre propre légende personnelle. Cet échange vous permettra de vivre ce qu'il y a de plus précieux au monde : la liberté !


LE VENT

Publié par Helena Myrafiori sur 3 Août 2014, 17:11pm

LE VENT

Silencieuse et immobile, la femme attendait. Elle attendait que la tempête se lève et fasse à nouveau rugir le désert. Cela commençait toujours comme une caresse, un ondoiement à peine perceptible. Puis, soudainement, l'intensité du vent redoublait creusant de larges vagues sur les dunes. Bientôt, la tourmente emporterait tout sur son passage, dans un bruit assourdissant de plaintes stridentes.

La femme, alors, se recroquevillait sur elle-même, en prenant instinctivement la position du nouveau-né dans les bras de sa mère. Elle le savait, elle ne devait pas fléchir sous peine de perdre définitivement sa force intérieure.

C'est son père, obscur roi d'un royaume oublié, qui l'avait exilée en cette terre inhospitalière. Il avait voulu la punir de son goût immodéré de la liberté. La frondeuse l'avait défié à de multiples reprises, mais il avait fallu rendre les armes. Il avait dit à sa fille :" Tu connaîtras le goût amer de l'exil".

Le voyage fut long jusqu'à sa prison et la malheureuse se retrouva bientôt en plein milieu de nulle part, dans un univers de roches et de sable. Là, pas de murailles, de barreaux ou de portes cadenassées. Une simple cabane de planches avec, pour seul gardien, l'immensité du désert, et pour seul compagnon, la peur. Chaque matin, on déposait près d'elle, encore endormie, une cruche remplie d'eau fraîche, un pain de dattes et quelques figues. La prisonnière avait beau guetter la venue de son protecteur, jamais elle ne le vit.

Pour contrer son funeste sort, la belle se remémorait ces moments délicats que l'on vit sans gravité, car on ne sait rien de leur fragilité : le parfum du jasmin à la tombée de la nuit, une douce musique, une taille enlacée mais surtout, un baiser volé !

Ah ! Que les jours anciens avaient été heureux ! Mais pas une seule fois, elle ne versa de larmes. Il lui fallait mener une rude bataille et apprivoiser son plus grand ennemi : le vent.

Quand son corps, gracile et souple comme celui d'un roseau, se mouvait, une brise légère accompagnait ses pas. Si elle tentait de s'éloigner, immanquablement, une spirale ténébreuse l'entourait et l'empêchait de fuir. Parfois, elle rusait et se précipitait dans un sens pour se retourner aussitôt. Mais, son adversaire semblait doué de raison, et opposait une résistance sans faille à ses multiples tentatives d'évasion.

Pourtant, la jeune femme ne se décourageait pas et, dès l'aube, fourbissait ses armes : volonté et courage. Bientôt, son jeu s'affina et elle commença à déjouer les plans de son partenaire si diabolique. En elle, une brèche s'ouvrait pour laisser place à l'espérance. L'heure de l'ultime combat avait sonné.

Un jour, elle fit semblant d'être vaincue et le vent s'y laissa prendre. Il commença à tourner autour d'elle, lui léchant les pieds, comme ferait un chien à son maître. La prisonnière, alors, fit monter de sa gorge une mélopée envoûtante. Aussitôt, son ennemi cessa son manège, suspendant, pour un instant, son étreinte mortelle.

Avec précaution, la femme se releva, lissant les plis de sa jupe. Elle se mit soudain à danser, mimant les volutes d'un tourbillon. Elle imprima à ses hanches un mouvement de rotation, faisant tinter sa ceinture de perles puis, leva les bras vers le Ciel, dans un geste lent et voluptueux. Le vent, lui, se terra au milieu des dunes, tel une bête apeurée. Mais ce n'était qu'un leurre, pour reprendre des forces et précipiter l'hallali.

Cependant, pris au piège de la voix suave de la belle, il finit par s'étourdir et tournoya sur lui-même, jusqu'à s'évanouir dans un murmure.

Alors, d'un bond rapide, la jeune femme virevolta et, avec un cri rageur, se mit à courir à perdre haleine, faisant voler autour d'elle des gerbes de sable.

Une dernière fois, elle se retourna et vit avec stupeur, qu'à la place où se tenait sa geôle, il y avait désormais un arbre majestueux, où venait de se poser, délicatement, un oiseau aux ailes immaculées. Est-ce ainsi, songea t-elle, que l'Esprit se manifeste ? Mais à cette question, qui peut répondre, sinon l'Eternel lui-même ?

COMMENTAIRE

Ce conte a été donné à une femme qui refusait la spiritualité qu'elle pressentait en elle, car elle pensait que tout dogme ou croyance allaient la rendre prisonnière. Dans ce message, on lui fait comprendre que la vraie spiritualité, c'est celle qui surgit du plus profond de soi et non pas d'un Dieu inaccessible. Mais, ne faut-il pas souvent lutter contre soi-même, pour, au final, s'accepter en totalité ?

PISTE DE REFLEXION

Qui est le vent ? De quelle façon la femme obtient-elle la victoire ? N'est-ce pas en étant totalement elle-même ? Et que représente le roi cruel ?

TADJIKISTAN (photo de l'auteure)

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Commenter cet article

Isabelle 08/08/2014 17:16

Oups, la suite!
L'esprit ne la jamais quitté et la nourrissait chaque jour: la cruche d'eau, la pain de figues et les dattes.

A toutes et à tous, merci pour ce beau conte et toutes ces réflexions lumineuses!

Helena 10/08/2014 16:07

Bonjour ! Je dois dire que je suis vraiment impressionnée par la richesse de vos commentaires. Cela m'aide beaucoup dans mon chemin personnel. Ce que je voudrais ajouter par rapport à ce conte, c'est que l'héroïne, pour accéder à sa lumière, ne renie absolument pas sa féminité, voire même sa sensualité. Belle leçon pour les rigoristes qui voudraient relier spiritualité avec ascétisme.

Elodie 08/08/2014 17:59

Merci à toi Isabelle pour ton analyse riche de sens.

Et oui, merci à toutes et tous pour le partage de vos impressions, compréhensions et réflexions!

C'est un vrai cadeau de pouvoir cheminer ensemble au travers des contes que nous livrent Helena !

Donc Merci à toutes et tous !
Et Merci à toi Helena !

De tout Coeur...

Isabelle 08/08/2014 17:11

Bonjour Helena,

Pour moi le vent représente le souffle de l'esprit qui ne "lâche" pas la femme jusqu'à ce qu'elle rentre en elle, la position du foetus au sein de la matrice, afin qu'elle naisse à elle même, dans un cri victorieux qui peut rappeler le son primordial créateur de toute vie.
Le roi représente le masculin qui lui fait croire depuis longtemps qu'elle ne peut avoir accès à son féminin sacré. Mais comme rien n'est séparé , tous les protagonistes de l'histoire sont là pour que la Belle s'ouvre à sa totalité.
Le désert est un endroit de ressourcement et les "éléments" que l'on croit hostiles ne le sont plus si l'on change son regard. Ainsi la réponse finale: l'arbre de la vie dans le désert et l'oiseau messager entre terre et ciel lui montrent que l'esprit est en elle.

Elodie 05/08/2014 21:42

Bonsoir à toutes et tous !
Merci infiniment Helena pour le partage de ce conte majestueux, profond, pur et doux !
Quelle belle leçon il nous livre là !

Je crois que le vent représente l'Âme, la Vie, la Magie ("l'âme agit") de la Vie et que ce n'est pas contre le vent mais contre elle-même, non pas contre la Vie mais contre son mental, que se bat la jeune femme.

Elle se bat et se débat contre ses peurs orquestrées par un mental bien aguerri et entraîné, avide de manipulation et d'emprisonnement. Prise et aveuglée par ses peurs et croyances, la jeune femme ne perçoit plus la réalité telle qu'elle est. Elle se trompe alors d'ennemi et pense devoir se battre contre le Vent, contre son Âme, contre la Vie.

Le vent est là, contrairement à ce qu'elle croit, pour la réconforter, prendre soin d'elle et l'accompagner, la conduire, la chérir et l'aimer aussi... N'est-ce d'ailleurs pas ce qu'il se passe lorsque la jeune femme se réfugie à terre, recroquevillée sur elle-même comme un nouveau-né ? Le Vent ne prend-il pas soin d'elle ? Ne l'enveloppe-t-il pas de la douce caresse du sable qu'il fait voler ? Ne la recueille-t-il et ne l'accueille-t-il pas en son sein (la Terre), tout contre son Coeur, à même le sol ? Ne la berce-t-il pas et ne la rassure-t-il pas de son souffle protecteur et bienveillant ? Ne la soutient-il pas et ne la console-t-il pas comme on soutient, accueille et console un enfant affrontant ses peurs (après un cauchemar par exemple) ?

Le Vent n'est-il pas à ce moment-là la Mère (Divine) parfaite de cette jeune femme qui traverse de grosses peurs et de profonds tourments ? Le Vent n'est-il pas plutôt son allié alors qu'elle est là, gisant, tétanisée par les peurs créées de toute pièce par son mental aveuglant? C'est son mental qui la tétanise et la "met à terre", par le Vent ! Le Vent lui, l'accueille comme le ferait une Mère pour son enfant!

Et dans cet ultime combat où elle pense devoir se battre contre le Vent (que son mental lui présente comme persécuteur et destructeur plutôt que bienveillant et aimant), la jeune femme parvient à toucher les profondeurs d'une des principales peurs primales de l'être humain : la peur de mourir !

C'est donc en feignant d'être battue, mise à terre, laissée pour morte, par le Vent qu'elle peut traverser et reconnaître, vivre et jouer pleinement l'expérience profonde et pure de ce qu'est MOURIR. Alors cette mort "fictive", jouée par la jeune femme (et, à travers elle, par la Vie), lui permet dépasser sa peur (de mourir) et de laisser entrer la Lumière en se reconnectant à ce qu'il y a de plus fort et de plus lumineux en elle, de plus puissant aussi : la Lumière d'Amour et de Vie !

C'est à ce moment-là qu'elle parvient à (re)trouver la force et l'énergie nécessaires pour se (re)lever, chanter et danser... non pas contre le Vent comme elle le pense mais avec le Vent, avec la Vie, pour le Vent et pour la Vie.

Elle danse, chante et se bat plutôt contre son mental... N'oublions pas combien le chant et la danse sont importants dans de nombreux rituels car ils permettent de faire taire le mental (cf les mantras et les danses chamaniques ou tribales par exemple).

C'est donc en éloignant son mental, en cessant de l'alimenter et de croire à "ses" peurs, que la jeune femme parvient à se libérer de sa prison intérieure !

N'ayant plus peur de mourir (car elle vient d'en faire/jouer l'expérience intérieure), elle peut de nouveau vivre plus légère et libérée. C'est alors que la réalité s'offre à elle comme elle a toujours été, joyeuse, aimante, abondante et généreuse ! Elle se rend compte qu'elle n'a peut-être jamais été retenue prisonnière de cette cabane en bois... qu'il ne s'agissait peut-être là que de ce que son mental l'empêchait de voir, l'aveuglant par de nombreuses croyances, de nombreuses peurs et de bien des regrets.

A trop vivre dans la crainte et la peur, les croyances, les regrets et le passé, on passe bien souvent à côté de la toute simple et belle réalité !

C'est probablement ce qui s'est passé avec cette jeune femme terrorisée par la peur de mourir, tant et si bien qu'elle en oubliait de vivre tout simplement et pleinement avec ce que la Vie, généreuse et aimante, bienveillante aussi, lui offrait là : un arbre majestueux où se reposer, grandir et s'élever... pour enfin se réaliser, se déployer et s'envoler.. en toute liberté... l'arbre de la Vie ? l'arbre de Vie ?

En ce sens, le père ne peut plus apparaître comme un bourreau ou un tyran, mais plutôt comme un Père très Sage et parfaitement Aimant. Il a préféré subir l'exil de sa fille pour la laisser se rencontrer, s'élever, s'accomplir et se déployer dans sa plus Parfaite, Profonde et Légère Liberté, avec une très grande Sagesse et un immense Respect.

Il me semble alors que c'est peut-être plutôt le Père qui pourrait être perçu comme "en exil", et non sa fille ! Lui, en Bon Père Aimant et Bienveillant, a su/pu offrir à sa fille le parfait "jardin d'Eden" pour qu'elle puisse se réaliser parfaitement, quitte à devoir subir l'éloignement de son enfant chérie qu'il aime tant...
N'est-ce pas là un Père héroïque ? Un Père-Parent parfaitement aimant, qui accepte de se détacher de son enfant pour l'encourager, la porter à la laisser voler de ses propres ailes ! Quel Amour... Inconditionnel !

C'est, à mon sens, ce que signifie la présence de l'oiseau dans l'arbre, qui, ailes déployées, immaculées, s'apprête à prendre son envol totalement libéré !

Libérée de ses chaînes, de ses peurs, de ses attachements et croyances, la jeune femme va enfin pouvoir avancer (voler) et se déployer dans ce qui fait son Essence ! Elle peut enfin être elle-même ! Elle peut enfin vivre ! Grâce à elle, grâce à son Père, grâce au Vent et grâce à la Vie !

Waouou ! Quel beau chemin ! Quel beau partage merveilleux !

Encore Merci Helena pour ce cadeau délicieux!

Très très belle, douce, tendre et joyeuse soirée à toutes et tous !

werdna 04/08/2014 11:40

Le vent pourrait être le symbole du souffle de l'esprit envers lequel l'héroïne se calfeutre et ne veut entendre le message. Ayant finalement dansé avec lui, donc supprimé l'opposition avec le 4ème élément (air) par un travail sur le son (elle a déjà à sa disposition le sable, l'eau et le feu du désert), la nature se dévoile sous la forme de cet arbre où va surgir l'oiseau symbole de libération.

Danielle 04/08/2014 10:43

Bonjour Hélène, tout d'abord Merci pour ce conte fabuleux.....
A mon avis le vent reprèsente sa part d'ombre et ses peurs. En les acceptant elle peut enfin les transformer en lumière, sa lumière. Le roi cruel serait son âme qui souhaite lui faire prendre conscience de sa lumière ?
Belle journée

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