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Contes des HÉ-VEILLEURS

Contes des HÉ-VEILLEURS

Ces contes ne sont pas le fruit de mon imagination mais d'une connexion avec une Intelligence Supérieure appelée HÉ-VEILLEURS. Les personnes qui ont bénéficié de l'aide de ces entités, peuvent, désormais, mieux se connaître et connaître leur mission de vie. Ces messages sont uniques et individualisés. Cependant, ils ont aussi une portée universelle, voire prophétique. Leur sens est codé et ne se délivre qu'aux véritables cherchants. Quelques pistes de réflexion seront données pour vous aider à en percer tous les mystères. Vous pouvez aussi me contacter pour avoir votre propre légende personnelle. Cet échange vous permettra de vivre ce qu'il y a de plus précieux au monde : la liberté !


LE VIN DOUX DE L'ANNEE

Publié par Helena Myrafiori sur 6 Juin 2014, 12:56pm

LE VIN DOUX DE L'ANNEE

Un vigneron, autrefois, n’était pas du tout content de son vin. Il avait pourtant tout essayé, foulant aux pieds le raisin mûr dans les meilleures cuves, choisissant les plus beaux fûts de chêne.

Mais rien n’y faisait : il résultait de toutes ses tentatives qu’une horrible piquette. L’homme, pourtant, ne manquait ni de persévérance ni de talent mais parfois les forces le quittaient. Surtout au crépuscule, où il se sentait vraiment las et abandonné. Mais au matin, à nouveau, il se relevait. Dans la transparence de l’aube, il retournait à la vigne, contemplant l’œuvre divine. Il se laissait pénétrer par les rayons célestes et repartait d’un bon pas. Là-bas, à l’horizon, le soleil resplendissait et le brave homme, à voix haute, s’encourageait : « Allez mon gars, il faut y aller. »

Mais le résultat n’en était pas meilleur pour autant, bien au contraire. Excédé par toutes ces turpitudes, il songea même à cesser ce combat inutile. Heureusement, le destin l’attendait au tournant.

Descendu à la ville pour acheter de quoi améliorer son ordinaire, il ouïe dire qu’un sage vivait au fond d’une sombre forêt, dispensant parcimonieusement son enseignement, apte à ôter les vices et améliorer les vertus. Souvent, le postulant qui mettait en lui tous ses espoirs de rédemption, se voyait derechef rabroué voire chassé à coups de pied. « Qui s’y frotte s’y pique » dit la Tradition.

Cette Tradition, en cette occasion, était respectée à la lettre. Le bougre était ombrageux et ne tolérait pas la médiocrité. Pas une seconde, le vigneron hésita et aussitôt se mit en chemin. Son tempérament valeureux ne lui faisait redouter aucune volée de bois vert.

Le sentier était escarpé et parfois le pèlerin maudissait le Ciel : « Que t’ai-je fait ô ! Seigneur, pour être tel une chèvre attachée à son piquet de malheur ? »

Mais comme à chaque fois, il suffisait qu’il se pose une question pour qu’aussitôt la réponse surgisse et celle-ci se trouvait à un jet de pierre. Dans une clairière, le Sage se tenait. Sans trembler, l’homme s’avança mais le vieillard ne releva même pas la tête.

« Vois-tu combien les fourmis sont intéressantes ?, déclara ce dernier. Hardies à la tâche, rien ne les rebute, portant sans relâche le lourd fardeau de la communauté. Quelle responsabilité pour si peu de profit : une miette tout au plus ! Alors, fils, pose-moi ta question ou plutôt, pose-moi LA bonne question. »

D’une seule traite, le fils en question débita son discours, sans omettre la moindre humiliation ni le moindre tourment. Quand il eut fini sa diatribe, le Maître répondit sobrement : « Le remède est simple, oublie ton nom. »

Face à cette réponse sibylline, le malheureux en resta bouche-bée. Il faillit ouvrir le bec mais heureusement la Sophia veillait et lui scella les lèvres. En maugréant, le vigneron s’en retourna, toujours aussi confus et désespéré. « Oublie ton nom, oublie ton nom, est-ce- que seulement je le connais, mon nom ? » songea t-il en se grattant la tête.

Remué par de sombres pensées, il finit tout de même par arriver devant sa porte. Il l’ouvrit et se remit derechef au travail. Mais quelque chose, subtilement, avait changé : le pied était plus léger, le raisin plus juteux et la peine moins lourde. Evidemment, il fallait attendre avant que le vin ne soit tiré. Mais pour la première fois de sa vie, l’homme n’était pas pressé. Il se hâtait sans précipitation et si lentement que parfois, il pouvait entendre sa vigne chanter. Ivre de bonheur, il parcourait en tous sens, sa terre retrouvée.

Dans le temps resplendissant de l’automne, le vin nouveau fut prêt. Allait-il être bon ? Le vigneron songea à ce que lui avait transmis le vieillard et sut que cette question était inutile. La fourmi savait-elle si son travail avait un sens ? Avait-elle besoin de reconnaissance et devait-elle quémander une miette supplémentaire pour continuer sa tâche ? Tous ces vains questionnements, au final, étaient sans importance mais ce que l’homme savait, sans même y mettre la langue, c’est que cette année, le vin serait doux au palais.

COMMENTAIRE

Ce conte a été donné à un homme qui trouvait que le sort lui était contraire et que la fatalité s'acharnait sur lui. Mais ne manquait-il pas d'un peu d'humilité ? En tout cas c'est ce que le message laisse entendre. Heureusement, on lui donne l'outil de guérison...

PISTE DE REFLEXION

Souvent dans les Traditions primordiales ou les contes initiatiques, le vin est un archétype récurrent, pourquoi ? Pourquoi faut-il oublier son nom ? Et parcourir sa terre en tous sens pour transformer la fatalité en destin maîtrisé ?

SAMARCANDE photo de l'auteure)

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Commenter cet article

Bonnezeaux 10/06/2014 22:38

Oublier le nom de la bouteille de vin ou bien le nom du vinificateur. Ne faut il pas déguster les qualificatifs de la personnalité du vigneron? Peu de personnes savent le faire, même les vignerons, la preuve à travers le conte,
L'égo est le non amour. Alors inscrivons le degré d'amour sur les étiquettes, .......2014 un grand millésime
Merci pour ce joli conte Hélène

Marianne 06/06/2014 20:20

Ah ! Orgueil ! Quand tu nous tiens.... Longtemps, je voulais la perfection... Maintenant, je fais du mieux que je peux, et.... je suis plus détendue !!! (Sourire)
Merci pour ce bon conte Hélène

Helena 06/06/2014 17:43

Je dédie ce conte à mes amis vignerons. Merci pour leur vin délicieux, avant-goût du Paradis !

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