Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Contes des HÉ-VEILLEURS

Contes des HÉ-VEILLEURS

Ces contes ne sont pas le fruit de mon imagination mais d'une connexion avec une Intelligence Supérieure appelée HÉ-VEILLEURS. Les personnes qui ont bénéficié de l'aide de ces entités, peuvent, désormais, mieux se connaître et connaître leur mission de vie. Ces messages sont uniques et individualisés. Cependant, ils ont aussi une portée universelle, voire prophétique. Leur sens est codé et ne se délivre qu'aux véritables cherchants. Quelques pistes de réflexion seront données pour vous aider à en percer tous les mystères. Vous pouvez aussi me contacter pour avoir votre propre légende personnelle. Cet échange vous permettra de vivre ce qu'il y a de plus précieux au monde : la liberté !


LE FLEUVE ROUGE

Publié par Helena Myrafiori sur 30 Juin 2014, 13:06pm

LE FLEUVE ROUGE

Au bord du fleuve Rouge, un homme rêvait. Alors que la nuit descendait à l'horizon, une poignante nostalgie l'emporta et il devint soudainement voyageur intrépide, à dos de mulet, de chameau ou d'éléphant, découvrant le vaste monde comme s'il était le premier à entrevoir de nouveaux cieux.

Hier encore, il était sur le quai d'une gare où les trains se croisaient dans un bruit de ferrailles infernal. Des marchandes de soupe, de poulet grillé, de porc au caramel, de bœuf au bambou, avaient envahi les quais, précédées par une odeur d'épices enivrante. Elles tenaient de grands plateaux, les bras haut levés et proposaient leurs marchandises à la criée. Les passagers, aussitôt, descendaient des wagons et s'empressaient de choisir leurs mets avec, à la fois, effervescence et retenue. Soudain, une sonnerie stridente. La cohue se dispersa brutalement faisant ressentir plus cruellement encore, un vide imprévisible.

C'est sur le quai de cette gare que l'homme avait pris conscience de l'impermanence de toutes choses : rien ne dure, tout passe, ne laissant derrière soi, que des traces incertaines. Quelle vanité, pensa t-il, de croire en l'éternité du monde d'ici bas !

Il s'imagina, un instant, se promener dans les ruines majestueuses d'une ville oubliée où autrefois les rois et les dieux étaient honorés. Il se vit déambuler parmi des échoppes encombrées de marchandises, et des temples d'où s'échappaient des prières et des fumées d'encens. Partout un bouillonnement incessant d'avenantes commerçantes, de douces jeunes filles au teint délicat, des soldats ténébreux, des moines portant leurs bols d'aumône et des ouvriers ahanant sur leurs ouvrages de pierre ou de bois. Là, des enfants jouaient en poursuivant un animal apeuré, là, des mendiants imploraient le regard miséricordieux d'un passant. Et partout une odeur omniprésente de vie et de mort, inexorablement mêlées. D'un côté le miel et de l'autre la putréfaction. Et au milieu, l'homme espérant l'un et redoutant l'autre. Impermanence.

"Ah ! songea le voyageur, changez le ciel, changez le décor, changez les acteurs mais vous obtiendrez toujours la même scène immuable et éphémère ! Que d'espérances envolées, de projets avortés, de rêves abandonnés, derrière les murs de brique de nos illusions ! Les dieux sont toujours présents mais dépouillés de leurs ornements et de leurs parures. Il ne reste plus que quelques éclats d'or, vestiges de décors somptueux. " Impermanence.

En soupirant, le rêveur continua : " Cependant, ces dieux, aux yeux clos, épurés de tout artifice, n'en ont que plus de majesté. Leur nudité les a rendus immortels. Tout se fait et se défait. Si je tentais de m'attarder sur mes souvenirs, un visage entr'aperçu, une scène insolite, un ciel orageux, je risquerais d'y perdre mon âme. De toute façon, qui se souviendra des visions que ma mémoire a engrangées ? Dans les sables de l'oubli, seule la voix du vent se fait entendre. Celle de l'homme est éteinte depuis longtemps." Impermanence.

L'homme, bientôt, se leva et admira une dernière fois le fleuve qui s'étirait à l'infini. Mais jamais il ne sut que, derrière lui, il avait laissé un sillage d'or qu'au petit matin des enfants rieurs pourraient suivre, pour réaliser leurs rêves et atteindre les étoiles. Eternité.

COMMENTAIRE

Ce conte a été donné à mon cousin vietnamien (décédé aujourd'hui) qui, à l'âge de 14 ans (dans les années 50), a été déporté dans un camp de redressement communiste parce qu'à la sortie de l'école, on avait trouvé sur lui un livre de Victor Hugo, symbole honni de l'impérialisme occidental. Malgré cinq années passées dans des conditions terribles, il n'en avait retiré aucune amertume, mais une évidente nostalgie de l'époque coloniale (mais oui c'est possible...), une grande sagesse et, surtout, l'amour de la vie.

PISTE DE REFLEXION

Que symbolise le fleuve ? Pourquoi "rouge" hormis le fait que ce soit vraiment son nom ?

VIETNAM (photo de l'auteure)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Kathleen 02/07/2014 13:58

Merci à ton cousin pour sa sagesse et le message qu'il nous transmet. Belles pensées à lui

Isabelle 04/07/2014 10:35

Merci Hélèna pour ce beau texte et merci pour ces profonds commentaires. Lorsqu'on maîtrise sa personnalité, on devient "intouchable". Le conte nous montre bien que tout est illusion, l'impermanence. c'est peut-être vivre dans plusieurs dimensions en même temps sans chercher à le faire. C'est juste vivre et ...aimer son prochain!

Levionnois Martine 01/07/2014 10:00

Une fois que la barque est dans le fleuve seul le courant décide de la transformation... Puis le fleuve se jette dans le vaste océan! Merci Hélène, tu écris tant de beautés

Elodie 30/06/2014 22:10

Merci Helena pour ce profond et riche partage.

Je suis sûre que ton cousin, de là où il est, continue de rêver, de vivre avec Simplicité, Amour de la vie et profonde Sagesse. Je suis sûre qu'il continue aussi de tracer le sillage de vies et de contes rêvés afin que d'autres humains, jeunes et moins jeunes, puissent atteindre leur rêve et par-là-même cheminer vers la réalisation de ce qu'ils sont, profondément, essentiellement, irrémédiablement...
Helena, que ton cousin soit dès à présent remercié pour tout ce qu'il continue d'apporter à l'Humanité depuis là où il est !

Pour ce qui est du conte, bien sûr je pense d'abord que le fleuve représente le cours de la Vie. Mais plus on avance dans le conte, plus le fleuve semble prendre, pour moi, une dimension plus dense, plus importante... Il est vrai que ce qui caractérise le fleuve, c'est qu'il se jette dans la Mer ou dans l'Océan... En ce sens, l'homme qui regarde, contemple et observe le fleuve, c'est comme s'il suivait son chemin jusqu'à la Source.. Le cours du Fleuve le conduit à regagner l'Origine, la Source, la Mer (Mère). De cette façon il parvient lui-même à toucher son Origine... ce qui le conduit à ce qu'il est et à ce qui est... purement et simplement... à l'impermanence de la Vie... à la Vie... à la mort aussi... à la Vie qui offre absolument Tout et son contraire, son opposé.

Cela me fait beaucoup penser au "Tao Te King" de Lao-Tseu.

C'est d'ailleurs ce qu'il perçoit dans ses voyages "imaginaires", la Vie et la mort, le miel et la putréfaction, etc.
C'est aussi probablement ce qu'a perçu et vécu ton cousin au travers de sa "nostalgie de l'époque coloniale".
En effet, il devait être bien sage !

Bien sûr la Vie est ainsi faite.
Elle se fait et se défait à chaque instant...

En ce sens la couleur rouge reflète parfaitement cette dualité, cette opposition et néanmoins complétude de ce qu'est la Vie.
C'est à la fois le rouge du sang, de la Vie qui circule joyeusement, mais aussi le rouge de la mort physique, du corps qui saigne ou souffre.

Alors que ce fleuve qui conduit le penseur, le rêveur, jusqu'à son Origine soit rouge m'apparaît comme une préparation à ce qu'il va comprendre et découvrir du monde qui l'entoure et qu'il porte en lui...

N'oublions pas non plus que le Rouge est aussi la couleur de l'Amour... de la Vie et de l'Amour !

Très très belle et mère-veilleuse soirée à toutes et tous !

Merci encore Helena, et merci à ton cousin !

Profonde Gratitude !

(je m'excuse pour la longueur du commentaire... héhéhé)

Helena 30/06/2014 22:17

Ne t'excuse pas Elodie de la longueur de ton message. Tes commentaires sont toujours très éclairés et éclairants. Je suis, d'ailleurs, frappée par la richesse des posts sur mon blog. C'est bien la preuve d'une réflexion profonde et enrichissante. Un vrai partage ! Merci à tous et toutes ! (ceci dit les femmes sont plus "communicantes").

Helena 30/06/2014 19:00

Bravo Danielle ! Je pense que c'est çà ! L'homme réalise son œuvre au rouge car il a su maîtriser ses émotions.

Danielle 30/06/2014 17:01

A mon avis, Le fleuve représente le cours de la vie et le rouge l'alchimie..belle soirée

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents