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Contes des HÉ-VEILLEURS

Contes des HÉ-VEILLEURS

Ces contes ne sont pas le fruit de mon imagination mais d'une connexion avec une Intelligence Supérieure appelée HÉ-VEILLEURS. Les personnes qui ont bénéficié de l'aide de ces entités, peuvent, désormais, mieux se connaître et connaître leur mission de vie. Ces messages sont uniques et individualisés. Cependant, ils ont aussi une portée universelle, voire prophétique. Leur sens est codé et ne se délivre qu'aux véritables cherchants. Quelques pistes de réflexion seront données pour vous aider à en percer tous les mystères. Vous pouvez aussi me contacter pour avoir votre propre légende personnelle. Cet échange vous permettra de vivre ce qu'il y a de plus précieux au monde : la liberté !


L'ILLUSION

Publié par Helena Myrafiori sur 30 Mai 2014, 16:36pm

L'ILLUSION

On disait de lui qu'il était simple d'esprit car il déambulait souvent dans les rues de son village, souriant aux anges ou bayant aux corneilles.

Parfois des gamins facétieux faisaient autour de lui des pirouettes ou, de plus vils, lui lançaient des pierres. Mais il ne voyait rien, n'entendait rien, ne ressentait rien tant son esprit était tourné ailleurs. Mais quel était donc cet ailleurs qui tendait tout son être ? C'était pourtant bien peu de chose : un petit rectangle éclairé dans la nuit, une lumière de fête foraine, une espace caché par un simple voile.

Mais derrière ce voile : la beauté du monde ! L'homme s'appuyait contre le tronc d'un arbre, immobile. Au fil du temps, peut-être aurait-il pris racine ou serait devenu lierre autour d'un chêne. Heureusement, parfois le voile frémissait par la grâce d'une main. L'amoureux alors jubilait, dressait la tête et se hissait sur ses jambes pour mieux l'apercevoir.

Oh ! Elle est là, la belle, si belle mais si cruelle ! Elle écarte le rideau à sa fenêtre et s'amuse, joue la coquette, l'effrontée et la minaudière.

Sans savoir que quelques mètres plus bas, le coeur d'un homme s'émerveille. Lui vit le délice des retrouvailles et elle, le délice du pouvoir. Cruauté de la vie.

Le jeune fou avait pourtant belle allure, faisant chavirer bien des coeurs et tourner bien des têtes avec son sourire charmant. Mais que peut-on contre sa destinée ? La seule qu'il voyait c'était celle qui ne le voyait pas. Ou plutôt, elle le voyait trop, car aussitôt à sa vue, elle accourait et s'amusait à le frôler de sa jupe. Elle riait et lui perdait la raison. Parfois, plus mutine, elle le laissait caresser de son pied sa cheville. Pis encore, faisait danser devant lui sa longue chevelure. Elle riait et lui vivait l'éblouissement.

Comme il n'y avait point de malignité dans son âme, il ne percevait pas la noirceur de sa bien-aimée. Mais le Malin ne connaît pas toujours ses limites et Dieu veillait.

L'automne arriva, avec la mort des feux ardents de l'été. La belle avait encore soif de ce terrible jeu et ordonna au malheureux :

« Fais-moi danser. Mais ne me prends pas par la taille. J'ai pour toi un magnifique présent : un violon. Apprends à manier l'archet et je te donnerai un baiser. »

Fou qui se laisserait prendre ! Elle espérait, évidemment, que de l'instrument ne sortirait qu'un son discordant : elle adorait faire entendre son rire moqueur. Mais la farce allait bientôt cesser et pour sa propre perte.

Car aussitôt, l'homme aima passionnément ce qu'elle lui offrait. La beauté du bois, la finesse de la forme, l'élégance de la volute, tout le fit chavirer. Sans même remercier, il disparut, laissant la belle, fort dépitée.

Il commença par apprivoiser l'instrument, le soupesant, le frôlant, le palpant comme l'on ferait avec des hanches de femme. C'était terrifiant et délicieux à la fois et souvent il fallait que le novice se retienne de faire glisser l'archet sur les cordes. Il voulait prendre son temps.

Mais la belle, en sa demeure, s'inquiétait. Que faisait donc le sot à déserter le bas de sa fenêtre ? Comment ? Plus d'amusement ? Furieuse, elle descendit rageusement et marcha à grands pas vers la demeure de l'outrecuidant. La porte était close et l'oiseau envolé. Elle poursuivit jusqu'au bord de la rivière où l'homme aimait à se rendre.

Effectivement, il était là. Mais quel saisissement à sa vue ! Il était nu jusqu'à la taille et se baignait avec volupté, faisant glisser sur sa peau humide une onde rafraîchissante. Les gouttelettes d'eau luisaient sur son torse et soulignaient chacun de ses muscles. Sa carnation dorée brillait dans le soleil naissant et la femme sentit tous ses sens s'affoler. La voilà prise, tel un papillon dans une toile d'araignée : elle se débat, rechigne contre le sentiment insupportable d'être piégée. Mais rien n'y fait, la gorge se noue devant la vision de cet homme abandonné.

Bientôt, elle va l'épier, le poursuivre de sa funeste passion, mais lui ne la voit plus car l'instrument a commencé à chanter sous ses doigts. Elle supplie, s'arrache les cheveux, mais lui est sourd à ses cris, habité qu'il est par la plainte de son violon. Il trouve la paix et elle, par sa propre folie, s’est condamnée. La légende dit que souvent, quand la nuit descend sur la plaine, on entend, si l'on veut bien y prêter un peu attention, une femme pleurer après son bien-aimé. Mais lui ne le sait pas car désormais il vit l'Eternité.

COMMENTAIRE

Ce conte a été donné à un homme qui avait tendance à vivre des histoires d'amour éphémères et illusoires. Est-il sorti du monde des apparences et des chimères ? Rien n'est moins sûr...

PISTE DE REFLEXION

Que représentent les personnages ? Ne sont-ils pas les facettes d'une seule et même personne ? En quoi la rivière et le violon sont-ils importants pour l'évolution spirituelle ?

OUZBEKISTAN (photo de l'auteure)

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Commenter cet article

Helena 01/06/2014 14:58

Merci France ! J'ai rajouté quelques pistes de réflexion...

france 30/05/2014 19:32

J'adore le Conte, mais il va falloir quelques "éclairements " de l'Eveilleuse... l'illustration est aussi belle que le conte .

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